05 au 07 août 1916

Le 30ème RI va relever le 99ème RI qui appartient à la 55ème Brigade d'Infanterie, 28ème Division d'Infanterie; 14ème Corps d'Armée.

 

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Le 99ème, c'est le célèbre "neuf-neuf " bien connu des Lyonnais mais aussi des Savoyards. Longtemps installé au camp de Sathonay, ce régiment a été dissous en mai 1997 après la fin de la conscription.

Dans « La marche du 99ème R.I. » par le Lt Colonel D. Micumet on peut lire (citation d'après le célèbre site du "chtimiste") :

" Les dix mois de Verdun : fév. à déc. 1916

Le 99ème est bien entraîné, il est à peu près à effectif complet ; si on a besoin d'un bon régiment, il est tout désigné. Cela ne devait tarder.

 On l'embarquait à Epinal un beau matin, la nuit suivante, il était dans la région de Verdun (26 février)

Nous n'étions qu'à la fin de février. L'hiver se faisait encore durement sentir, le froid, la neige, les routes glissantes, rien ne manquait. Au bout de quelques étapes, nous sommes à proximité de Verdun et de loin il nous est permis d'assister à la formidable bataille.

A partir de ce moment finis les jours de repos et les secteurs calmes. Plus de beaux cantonnements à l'arrière. Pendant dix longs mois, le régiment vivra au milieu d'un ouragan de fer encore inconnu jusqu'ici ou prendra un vague repos dans les camps sous bois à faible distance des premières lignes. Ce seront des relèves longues, pénibles par des nuits noires, dans la boue où l'on s'enlise et où chaque fois, des camarades n'arriveront pas jusqu'au lieu de repos.

Le hasard voulut que comme début de stage, nous tombions dans la plaine marécageuse de la Woëvre, au pied des Côtes de Meuse, dans la boue de Châtillon et de Ronvaux, secteur assez calme néanmoins. Relevés au début d'avril, ramenés en arrière (à Chaumont-sur-Aire) par quelques étapes, nous sommes enlevés en camion et cette fois, c'est bien la grande bataille.

 

Dans la nuit du 21 au 22 avril, nous relevons des éléments disparates (essentiellement le 116ème R.I.) dans le secteur de la ferme Thiaumont, secteur de réputation terrible, très important, où les allemands chercheront plusieurs fois à se faire un passage sur Verdun.

Pendant un mois et demi, le régiment restera là, accroché aux pentes du ravin de la Dame tristement connu sous le nom de ravin de la Mort, subissant de très violents bombardements et de nombreuses attaques qu'il repoussera toutes notamment celle du 7 mai où se distinguèrent entre autres, le capitaine Michoux, qui par son sang-froid et son calme admirable, sauva la situation, le lieutenant Duperray (8e compagnie) qui ganté, la canne à la main, n'hésite pas à monter sur la tranchée pour donner l'exemple à ses hommes et qui se fait tuer.

 Cette date restera célèbre et permettra plus tard au général Peillard qui commandait alors la 28e D.I., d'écrire un jour au lieutenant-colonel Borne , commandant le 99ème R.I., ceci en parlant du 7 mai :

"Je n'oublierai jamais que le 99ème R.I. a sauvé mon honneur militaire en résistant le 7 mai pendant toute la journée à l'attaque de toute une division allemande."

 

A sa relève, le régiment rendait le secteur intact ; ce n'est qu'après son départ que les allemands s'empareront de la ferme Thiaumont. Il avait subi de lourdes pertes, mais maintenu intégralement ses positions et même les avaient améliorées .

Quelques jours de repos dans la région de Bar-le-Duc, le temps de se reformer et à nouveau, nous sommes en ligne dans la Woëvre à Moulainville-la-Basse. Il fait très beau, les lignes sont éloignées l'une de l'autre, souvent peu précises ; le secteur est intéressant au point de vue de l'instruction. Nombreuses patrouilles et reconnaissances dont une fort remarquable.

 

Le 19 juillet 1916, l'apirant Vestizon et le soldat Robin de la 6e compagnie, franchissent à la pointe du jour les cinq cents mètres qui séparent nos lignes des lignes allemandes bondissent dans la tranchée ennemie, tuent ou mettent en fuite les occupants et ramènent sans être inquiétés une mitrailleuse toute neuve avec son affût-trépied et deux caisses de cartouches.

 

La tâche du régiment n'était pas encore terminée. Un glissement à gauche et c'est la ruée allemande qu'il faut arrêter une fois encore ! Pas plus à la Laufée qu'ailleurs, l'ennemi ne passera et le 1er août sera pour lui une défaite. Les allemands attaquent avec furie la division à laquelle le 99ème a été prêté (le 99ème R.I. remplace le 95ème R.I.).

Deux régiments sont anéantis et le boche arrive à 100 mètres du tunnel de Tavannes. Mais le 99e ne s'est point laissé enfoncer ; son indomptable résistance permet à une brigade coloniale de contre-attaquer avec vigueur et de reprendre le terrain perdu. La journée fut chaude, la ligne un instant entamée fut ramenée par une brillante contre-attaque dirigée par le sous-lieutenant Nury de la 6e compagnie qui fit des prisonniers et délivra le sergent Jousse le caporal Verger et le soldat Roquemaure qui pendant deux heures étaient restés aux mains des boches. C'est également au cours de cette contre-attaque que le clairon Clerg de la 6e compagnie, blessé mortellement, répondit à son officier qui l'encourageait :

"Mon lieutenant, je vais mourir, je le sais ; mais je suis heureux, j'ai vu fuir les boches, cela me suffit pour mourir content."

 

L'ennemi a subi le 1er août un échec des plus graves dans lequel le 99ème a joué un rôle prépondérant.

"On ne passe pas", a bien été sa devise. Dès cette époque, on peut considérer la ruée allemande sur Verdun par la rive droite de la Meuse comme complètement arrêtée (le 30ème R.I. relève le 99ème R.I.)

Le séjour du régiment devait encore se prolonger pendant trois mois à Eix, secteur plus à droite, un peu moins agité, mais où il eut néanmoins de nombreux et violents bombardements à supporter.

 

Le 27 décembre, le 99ème R.I. est envoyé quelques semaines dans la région de Mauvages, lieu de repos peu enchanteur, sans ressources où les cantonnements ne sont pas aménagés et où le froid se fait durement sentir.

Il se reforme, s'entraîne par des manoeuvres pénibles dans la neige et au mois de février 1917, nous le retrouvons dans la Somme. On parlait en effet d'une offensive dans cette région."

99eme