05 mars 1916

L'une des premières mesures prises par Pétain est le système du "tourniquet" : les troupes doivent se relayer pour la défense de Verdun. Il y a d'abord une alternance entre les premières lignes et les lignes arrières - environ chaque semaine. Il y a ensuite une alternance entre les troupes présentes à Verdun et les autres, c'est ce qui va expliquer qu'en 300 jours, 70 des 95 divisions d'infanterie vont monter à Verdun, plus de 2 millions d'hommes. C'est cela qui, in fine, explique la place de Verdun dans le discours épique de cette Guerre : 1 mobilisé sur 4 entre 1914 et 1918 était présent à Verdun.

Il va donc y avoir un passage de relais entre le 303ème RI (régiment de réserve du 103ème RI basé à la mobilisation à Paris et Alençon), qui a occupé la position d'Haudiomont pendant 6 jours, et le 30ème RI.

On peut d'abord regarder le Journal des Marches et Opérations du 303ème à cette date du 05 mars ; outre le passage de relais, l'officier fait le bilan des 6 jours sur le front : 30 morts, 2 disparus et près d'une centaine de blessés.

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JMO 303ème RI

 

Pour le 30ème les choses commencent d'une manière fort positive puisque, dans la nuit du 05 au 06 mars, un petit poste ennemi est enlevé par surprise : 18 Allemands sont faits prisonniers alors qu'il n'y a aucune perte à déplorer du côté des Français.

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Spa 41 l 1999

 

Les Allemands faits prisonniers à Verdun étaient d'abord conduits au camp de transit de Souilly

 

Petain 1Pendant ce temps, Pétain, depuis son QG de Souilly, essaie de convaincre les généraux sous ses ordres qu'il faut maintenant mettre en place une troisième phase dans cette guerre, donnant plus de place encore à l'artillerie - et Pétain ne cessera de réclamer au Grand Quartier Général (Joffre) toujours plus de moyens en ce qui concerne l'artillerie lourde.

Il faut rappeler qu'en 1901, Pétain avait occupé un poste de professeur adjoint à l’École supérieure de guerre de Paris où il se distingue par des idées tactiques originales. Il y retourne de 1904 à 1907, puis de 1908 à 1911, en tant que titulaire de la chaire de tactique de l’infanterie. Deux convictions de Pétain qu’il a souvent exprimées : « Un minimum d’infanterie, un maximum d’artillerie » et, « le canon conquiert, l’infanterie occupe ».

On voit bien l’enchaînement de 3 phases dans cette guerre :

1914 : l’artillerie accompagne l’assaut de l’infanterie,

1915 : l’artillerie prépare, l’infanterie conquiert,

1916 : l'artillerie conquiert, l’infanterie occupe.

 

 

 

 

 

 

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Pétain au QG de Souilly