06 mars 1916

Le 30ème va connaître aujourd'hui ses premiers morts, disparus et blessés dans la bataille de Verdun en essayant de verouiller au mieux la position d'Haudiomont.

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Le 12 avril 1916, la 11ème Compagnie du capitaine Vayre sera citée à l'ordre du XIVe Corps d'armée pour son action au cours des journées des 05 et 06 mars 1916. On souligne non seulement les actions menées dans des conditions difficiles mais aussi le fait que 25 soldats Allemands seront faits prisonniers durant ces deux journées.

 

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Un jugement rapide pourrait faire dire qu'Haudiomont est à 15 kms de Verdun donc loin de l'enjeu central de la bataille. Il faut tout d'abord rappeler que depuis "la course à la mer" de l'automne 1914, le front s'étend de la Mer du Nord à la frontière nord de la Suisse. On comprend suite à cela que l'une des manière de prendre Verdun était un contournement, soit par le Nord, soit par le Sud - Haudiomont devenant alors une porte possible.

 

Position sud

L'autre risque majeur d'une trouée au sud de Verdun était de permettre aux Allemands de couper la Voie sacrée dont Pétain avait fait l'élément essentiel de cette bataille. Verdun était en effet une position défensive très mal desservie. Seuls le chemin de fer meusien à voie étroite et la route départementale Bar-le-Duc – Verdun pouvaient permettre de ravitailler Verdun en troupes et munitions. La solution de Pétain sera donc la Voie sacrée. La solution est radicale : 3 000 camions entre Bar-le-Duc et Verdun (un toutes les 15 secondes) pour transporter 90 000 hommes et 50 000 tonnes de munitions chaque semaine. Des équipes du Génie épaulées par des « pépères » des régiments d’infanterie territoriale mais aussi par les troupes lorsqu’elles regagnent l’arrière, vont faire en sorte de toujours maintenir cette mauvaise route pour que le rythme ne s’arrête jamais de jour comme de nuit. Défendre la Voie sacrée devenait donc une clé majeure de la bataille de Verdun qui prend l'allure d'un monstre engloutissant hommes et munitions.

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Le camion par excellence de la Voie sacrée :

le Berliet CBA

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Conçu en 1913, à la veille de la première guerre mondiale, la CBA se présente de manière classique : cadre châssis en tôle emboutie, moteur disposé sur l’essieu avant, cabine arrière.

Le moteur est un 4 cylindres coulés par paires, de 5,3 1. de cylindrée, puissance nominale 25 HP. Avec sa carrosserie, il pèse à vide 3,5 tonnes environ et peut transporter une charge utile équivalente. Notons que ce camion pouvait atteindre une vitesse d’environ 30 km/h, ce qui n’était pas négligeable pour l’époque.

25 000 CBA ont été livrés à l’armée pendant la première guerre mondiale. Le modèle sera fabriqué par Berliet jusqu’en 1932. Au total, près de 40 000 exemplaires sont sortis des usines de Lyon. D’une très grande robustesse, réputés « increvables », un certain nombre de CBA étaient encore en service dans les années 60 !

Le CBA a été le type de camion le plus utilisé lors de l’épopée de la « Voie Sacrée » de Bar-le-Duc à Verdun en 1916. Un exemplaire est d’ailleurs présent à demeure depuis 1966 au Mémorial de Verdun.

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Convoi de CBA sur la Voie sacrée

Les conditions météorologiques, comme le souligne la citation, furent extrêmement difficiles durant cette prémière période. Les relevés de la première quinzaine de mars sont éloquents : "1er au 11 mars : vague de froid - les températures atteignent des niveaux très bas pour la saison, notamment dans l’est - il fait -9° à Belfort et Besançon, -14° à Pontarlier et -22° à Mouthe".