07 au 11 juillet 1916

6 tués et 20 blessés pour cette période de 5 journées.

 

07 07 au 11

 

L'abbé Charles Thellier de Poncheville, aumônier de la 28ème DI et auteur de 10 mois à Verdun, fait le commentaire suivant le 08 juillet 1916 :

« Au camp de La Béholle, il a fait hier cinq morts. La chapelle a failli en mourir, elle aussi. Un morceau de métal l’a touchée au cœur, dans le tabernacle! Notre prière habituelle ne réunit ce soir qu’une toute petite assistance : un rassemblement de quelques soldats devient dangereux. Dans mon coin de La Chiffour, on se résigne à dormir sous terre. Un lieutenant s’est fait découper, dans le plancher de sa chambre, une fosse longue comme un cercueil. Il s’y ensevelit chaque soir. Les obus les plus malveillants auront peine à l’y atteindre. Pour moi, je vais chercher un refuge dans une espèce de terrier, étroit et bas, où je puis m’allonger sur un brancard suspendu, en dessous duquel repose un autre dormeur. Mais l’inondation continuant de sévir, l’eau suinte à travers le plafond d’argile et la gouttelette fatale me poursuit du nez au menton, toutes les cinq minutes, quelle que position que je prenne. Nul savant calcul, n’arrive à me soustraite à cette vexation stupide. Les journées sont aussi maussades que les nuits dans cette humidité désespérante. Le canon démoralise peut-être moins que l’interminable pluie. On ne sait que faire pour se distraire. Nos camarades n’ont même pas le moyen de se procurer un extra gastronomique à mettre sur leur table quand ils reviennent des lignes. Il n’existe aucun magasin trois lieues à la ronde. Le camion bazar dont les circulaires nous vantent les propriétés admirables, fait bien son apparition dans la vallée deux fois par semaine, mais loin encore de nos collines, et des équipes voraces, jouant des coudes, le débarrassant de son contenue avant même que la foule des pacifiques n’ait pu s’approcher du comptoir. Et puis, il faut tout dire : ses tonneaux sont d’une exiguïté désespérante. Un poilu regarde avec commisération ces compartiments garnis de comestibles variés, mais dépourvus de liquide : ‘ Peuh! Il n’y a rien au bazar, il n’y a pas de pinard’ ».

On a souvent parlé de Verdun comme d'une "pluie d'obus", "pluie d'acier", "pluie de fer et de feu" ... mais Verdun ce fut d'abord la pluie tout court. Le mois de juin 1916 avait été le plus froid sur la moitié Nord de la France depuis 1851, le mois de juillet est très pluvieux puisqu'on enregistre sur le secteur de Verdun 20 jours soit de pluie, soit fortement nuageux et venteux. D'où des terrains détrempés et une vie qui doit s'organiser dans une humidité permanente et la lutte contre un ennemi redoutable : la boue.

 

Meteo juillet

 

Sc000a8cac

Enfer et Rédemption : deux soldats allemands sauvent un soldat français du piège de la boue qui mange tout, même les hommes.