11 mars 1916

Les jours se suivent et ... se ressemblent : toujours ce combat titanesque entre les artilleries qui utilisent le gros calibre et les fantassins terrés, et parfois enterrés, dans leurs positions. Un sous-lieutenant blessé et 2 morts et 2 blessés parmi les hommes de la troupe.03 11

T de p

Le 30ème appartient à la 28ème Division d'infanterie ; l'aumonier de cette dernière fut un prêtre héroïque qui va devenir un grand conférencier de l'après Guerre : l'abbé Charles Thellier de Poncheville, auteur de 10 mois à Verdun. [Prêtre catholique du diocèse de Cambrai, né en 1875 et ordonné en 1900. - Aumônier de la 28ème division d'infanterie de février 1916 à décembre 1919. - Chanoine. Il est décédé en 1956]

Le 11 mars 1916, l'abbé écrivait en décrivant précisément la position du 30ème et en soulignant la difficulté à se situer dans ce no man's land qu'est devenue la région de Verdun : il rappelle d'abord que les Français occupent les premiers villages de la plaine de la Woëvre, Haudiomont, Ronvaux, Watronville, face aux bois de Manheulle, à courte distance de l’ennemi. Et de s’interroger :  " Mais où est l’ennemi? La première nuit, dans l’indécision de cette bataille mouvante, une de nos reconnaissances s’est aventurée à travers une zone inconnue, sans savoir où se trouvaient les tranchées de l’assaillant ni où devaient se fixer les nôtres. Quelques lueurs, ou quelques ombres arrêtent nos soldats. Ils s’empressent de creuser une sape pour s’en faire un premier abri. Quand le jour se lève, ils aperçoivent derrière eux un poste allemand qu’ils avaient dépassé sans s’en douter. De part et d’autre, il y eut de la stupeur. Les Boches dont de petits signes d’amitié. On les regarde, on attend. Qu’un coup de feu parte, la fusillade s’engagera et tous y passeront, jusqu’au dernier. Personne ne tira. Le soir venu, chacun rentrait dans l’alignement de son secteur ".

Thellier de poncheville 1

L'abbé au milieu de médecins militaires Canadiens

 

Btv1b53088391r

L'abbé prêchant en 1922