1O28 - Le Pont Maisel 1856-1864

La série O des archives communales est capitale pour comprendre l'évolution urbaine puisqu'elle concerne les Travaux publics, la Voirie, les Transports, la Navigation et le régime des eaux. A Moûtiers, on y trouve, au milieu de bien d'autres sujets, ce qui concerne les ponts.

L'année 2018 marquera la reconstruction du Pont Maisel (Meisey, Meisay, Mézet, Meisel, etc. du latin "mascellum" = boucheries puisque les anciens abattoirs étaient à proximité de ce pont ), il est intéressant dans ce contexte d'ouvrir le dossier 1 O 28 qui comprend des pièces allant de 1855 à 1864 ; elles concernent le pont qui va être démoli en 2018, mis en service il y a exactement 160 ans (réception d'oeuvre du 15 mai 1858). 

Un document rare qui semble bien être la première esquisse à partir de laquelle l'architecte a travaillé.

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L'Architecte de ce nouveau pont est l'Ingénieur régent des Ponts et Chaussées André Basin, né à Saint-Pierre d'Albigny en 1813 et décédé en 1890. Les quelques éléments biographiques ont été retrouvés grâce à son dossier dans la base "Léonore" qui est la base de la Légion d'Honneur aux Archives Nationales ; André Basin ayant été fait Chevalier le 08 août 1867 alors qu'il était Ingénieur des Ponts et Chaussées de 1ère Classe à Bourg-en-Bresse (Ain)

Andre basin

Le dossier ne se contente pas d'une esquisse mais il conserve le plan dressé par Basin de ce pont.

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Plan en coupe avec les cintres pour la double vôute autour du pilier central

 

5 16Autre plan en coupe avec la balustrade métallique

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Bien avant que n'existent les "PPRI", on prenait déjà en compte le fait que l'Isère est un torrent alpestre et que les variations de la hauteur de l'eau peuvent être assez conséquentes. Il va de soi qu'en 1855 l'on raisonne avec une Isère qui n'a pas connu les aménagements de son bassin supérieur et qui était donc beaucoup plus dangereuse qu'elle ne l'est aujourd'hui.

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Vue en coupe de l'amont vers l'aval.

Les Quatre Chemins sont à droite du plan.

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Dans notre terminologie l'on parlerait , pour la construction de ce pont, la réfection des portions de rues et des bâtiments impactés par ces travaux, d'une opération unissant  "public/privé" puisque pour faire face à la dépense, une souscription a été lancée.

Les archives conservent un état détaillé ("rôle") des souscripteurs.

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L'entreprise retenue est l'entreprise moûtiéraine Gianoli. Si les travaux seront relativement rapides (le plan de l'Ingénieur est de novembre 1855, la réception des travaux se fera en mai 1858), pour l'entreprise cette réalisation eut un impact beaucoup plus long puisque des difficultés de règlement ont entraîné un procès qui ne s'acheva qu'en 1864.

Sur ce document du 21 mars 1857 par lequel le maire Carquet demande à l'entrepreneur de passer à la seconde phase des travaux l'on voit la signature de l'entrepreneur Jacques Gianoli.11 6

L'ouvrage de ferronnerie, les deux balustrades, a été réalisé par un artisan fondeur, Nicolas Beauquis de Quintal près d'Annecy. Notons que ce ne sont pas les balustrades actuelles réalisées à la fin des années 1980.  

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Le dossier est riche de nombreux documents. Terminons de le feuilleter rapidement avec la réception d'oeuvre du 15 mai 1858.13 2 

L'un des avantages d'avoir confié la gestion des Archives communales à Moûtiers Culture et Patrimoine, c'est de permettre de plus facilement rapprocher plusieurs fonds archivistiques ; en particulier le fonds des archives communales et les collections photographiques du Centre Culturel riche de plusieurs milliers de photographies consacrées à la vie moûtiéraine. Un bon exemple avec cette photographie prise une dizaine d'années après la construction du pont.

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