BB 14 - Élection syndicale 18 mars 1429

P1260574 copie

Un document fort intéressant rédigé sur parchemin le 18 mars 1429. C'est le procès-verbal d'une élection "syndicale" au sens de l'élection des syndics et des conseillers, en d'autres termes c'est le plus ancien compte-rendu d'une élection municipale à Moûtiers, même si l'on a déjà des listes d'élus (dès 1278) mais sans cet acte inaugural du mandat.

Pour procéder à cette élection l'on a réuni "l'assemblée générale des habitants". Il ne faut pas imaginer que tous les moûtiérains et moûtiéraines sont réunis ; cette assemblée "générale" est celle des hommes, adultes, chefs de famille et bourgeois ou citoyens de Moûtiers, c'est à dire propriétaires et faisant leur résidence habituelle à Moûtiers depuis un an et un jour. Cela relativise la généralité de l'assemblée mais témoigne tout de même d'une vie démocratique réelle avec réunion, élection et délégation de pouvoir.

L'assemblée se tient à l'archevêché car cette vie municipale ne doit pas faire oublier qu'à cette époque, celui qui a le plus haut pouvoir sur la cité, c'est l'archevêque avec qui le conseil devra composer. Il y a la présence d'un notaire "recevant" en la personne de Jean Mussillion qui authentifie les décisions de l'assemblée en rédigeant le parchemin parvenu jusqu'à nous.

On élit trois syndics : Jean Jacquemon qui est notaire, Jacques Ducrest qui est "escoffier", c'est-à-dire tanneur et Martin Olivier dont la profession n'est pas précisée. Le premier cité est souvent appelé premier syndic, ce qui lui donne une préséance et il peut être regardé comme l'ancêtre du maire, les deux autres étant des équivalents de modernes adjoints.

Jacquemon

Jean Jacquemon notaire, un lointain prédécesseur des  maires actuels

 

On élit ensuite les conseillers, au nombre de 5, à savoir :

- Claude Muret, bachelier en droit,

- Noble Pierre de Saint Jacques

- André de Bertellino

- Antoine Varcin, notaire

- Pierre Dunant, notaire.

On voit que la basoche est très présente dans ce conseil, c'est là un trait, sans doute pas exclusif, mais constant dans la vie municipale moûtiéraine : élire des juristes (notaires, étudiant en droit), c'était se doter d'un conseil composé de personnes connaissant la loi et ayant un savoir-faire en matière de rédaction et d'interprétation des actes.