L'Hôtel des Postes

Un lutrin va prochainement être installé pour rappeler l'histoire de l'ancienne poste. Inauguration lundi 08 juin à 18 h 30 (Square de la Liberté)

Les différentes postes moûtiéraines

Au moins cinq lieux ont, successivement, vu l'implantation de la poste à Moûtiers : dans la Grande-Rue, côté nord à l'angle du passage Grenette ; le petit local qui est situé au n° 37 de la rue Cardinale ; puis, au cours du XIXe siècle, marquant une première extension de l'activité, le bâtiment le plus proche du pont Maisel, qui abrite aujourd'hui une boulangerie ; en quatrième lieu ce bâtiment qui se trouve sur le square de la Liberté, inauguré en septembre 1905 ; et enfin, à ce jour, le bâtiment situé avenue du 8-Mai-1945, bâtiment qui commença à être utilisé en octobre 1973.

Defile

 

Les soldats défilent devant la poste de l'avenue de Salins (aujourd'hui c'est une boulangerie et l'avenue de Salins, après avoir été l'avenue Maréchal Pétain, est devenue avenue de la Libération.

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La remplaçante que les anciens moûtiérains continuent à appeler "la nouvelle Poste"

avec son look "seventies" (inauguration octobre 1973)

De l’Hôtel des Postes à la Maison du Tourisme

En 1905 on construit cet hôtel des Postes, Télégraphes et Téléphones. Si les deux premières dénominations renvoyaient à des supports plus anciens, le téléphone était alors une réalité nouvelle dans la ville, puisque cela faisait seulement quatre années que le téléphone public y était installé. Au niveau national, c'est en 1889 que l'Etat prend le monopole du téléphone.

Après un premier projet, la commune fit appel à l'architecte chambérien Victor Charmot (1862 – 1946). Le coût final du bâtiment fut de 54 981 francs ; si l’on fait une comparaison par le biais des salaires, cela équivaut à 550 000 euros d’aujourd’hui. La volonté d'une architecture ostentatoire se lit dans le perron surmonté d'un balcon, le fronton et les mansardes richement décorés.

 

Travaux

Hiver 1904/1905 : le gros-oeuvre est fait, l'on va aménager l'intérieur

 

Square

 

Petit détail insolite : la façade est traversée par l'inscription « Télégraphes, Postes, Téléphones » et dans le fronton les armoiries de la ville  sont inversées : l'aigle impériale a pris la place des clés ; cette liberté a animé en un siècle bien des discussions, certains pensant à tort que l'on a là les véritables armoiries de la cité. Ce qui prouve au moins le prestige des bâtiments administratifs !

En septembre 1905, l'inauguration de cet hôtel des communications donna lieu à une grande cérémonie républicaine, à laquelle avait été invité Alexandre Bérard, alors sous-secrétaire d'Etat aux Postes et Télégraphes.

Inauguration de la poste 1905

 

Le ministre déclara : « Vous habitez, messieurs, un pays où la richesse s'étale en des sites merveilleux. Notre première richesse est cette nature si belle et si grandiose, et il faut que tous viennent l'admirer. Les cartes postales en propagent la beauté. Elles sont pour vous une ingénieuse réclame et la plus admirable ressource du budget des Postes. »

Tout est dit : un pays que l'on juge maintenant à l'aune de ses paysages, les cartes postales, la force des images, premier document d'appel en matière de promotion touristique, et les promesses de richesses occasionnées par tout cela. En un raccourci le ministre a vu l’histoire de ce bâtiment qui d’hôtel des Postes, deviendra le siège local de France Telecom, avant d’être un magasin de téléphonie et enfin la Maison du Tourisme.

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Victor Charmot l'architecte

Né à Thonon les Bains  le 17 mars 1862

Mort à Mauriac (Cantal) le 29 mars 1946

Sa première réalisation en tant qu'architecte semble avoir été dans les années 1880 le château du Baron Blanc au Chaney (Chambéry) aujourd'hui détruit, mais c'est surtout à partir de 1904 qu'on le voit œuvrer dans la ville surtout autour de la gare et dans le quartier d'Angleterre. C'est là qu'il va édifier en 1909-1910 pour la Société d'HBM La Savoisienne ce qu'on appelle "le village nègre", une série d'habitations hygiéniques à bon marché occupées surtout par des cheminots (d'où l'appellation). Ce sont à la fois les premières constructions en série de la ville et les premières cités-jardins. Il construit aussi beaucoup sur les terrains libérés par la séparation de l'Eglise et de l'Etat dans le faubourg Montmélian (rue Jules Ferry, Clos des Capucins...), dans le quartier du Clos Savoiroux et à Mérande (les Ifs, les Martinettes)... C'est ainsi qu'on lui doit la Villa Gentil, bd de Lémenc qui a longtemps abrité le Consulat d'Italie.  Associé avec Chapperon et Reverdy, il a été actif à Chambéry jusqu'en 1928. Contrairement au reste de la Savoie, il semble avoir construit à Chambéry uniquement des habitations.

Marié à Marie Comte-Grand, il était par sa femme le beau-frère de François Pélaz, architecte qui a transformé la halle aux grains de Chambéry en musée des beaux-arts. Il a aussi été conseiller municipal de Chambéry peu avant la première guerre mondiale dans la municipalité d'Ernest Veyrat (radical socialiste).

Au niveau départemental, il a participé, seul ou avec d'autres architectes, à la construction ou à la restauration de nombreux édifices : école de Bourgneuf, école et église de Cognin, école de la Bauche, école du Bourget du Lac, école de Montailleur, hospice et hôpital de Moûtiers, mairie et école de Notre Dame des Millières, mairie et poste de Pralognan la Vanoise, presbytère et église de Saint Cassin, école et église de Saint Jean d'Arvey, école de Saint Vital, école et église de Sainte Hélène du Lac, écoles de Sainte Hélène sur Isère et de Termignon, église et école de Tresserve, installation hydraulique à Voglans. On le retrouve aussi sur des chantiers en Haute Savoie : la Muraz (église), Machilly (école)...    

Remarié avec une Corrézienne après son veuvage, il semble avoir pris sa retraite entre Corrèze et Cantal à la fin des années 30. 

Merci à Monique Dacquin  logoguidespaysdesavoie.jpg

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2 facteurs posent devant la Poste (carte postale envoyée en 1907). A l'arrière du Square, l'ancienne gendarmerie.

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Poste