Le chevet roman

Chevet

Le chevet, témoin de la période romane

La cathédrale romane de Moûtiers dont le chevet reste le meilleur témoin a été édifiée à une date proche de 1020. Cette reconstruction conséquente, vers 1020, s’explique sans doute par le fait qu’en 996 l’archevêque Amizon avait reçu, du roi de Bourgogne Rodolphe III, le « comitatus », c’est-à-dire des droits comtaux sur la Tarentaise, lui donnant ainsi une place et des revenus pouvant justifier cette entreprise.

La signature des maîtres-maçons lombards est désignée sous le terme de « bandes lombardes » : elles sont composées de pilastres de faible saillie, les lésènes. Ces lésènes sont reliées à leur sommet par une frise d'arcatures en plein-cintre. La fonction est tout d’abord de renforcer le mur du chevet mais également d’apporter une touche décorative à l’ensemble.  L’arcature est formée de vingt-quatre petits arcs qui retombent sur une console composée de deux éléments : un parallélépipède en tuf et un bloc de gypse portant un décor gravé. Il y a un jeu au niveau des coloris entre le brun du tuf et le blanc scintillant du gypse.

On remarque la présence de huit corbeaux répartis tout autour du chevet qui ne sont pas vraiment en harmonie avec l’arcature dont ils viennent briser le rythme. Ces corbeaux sont  des supports qui permettaient l’installation d’un hourd dans la partie haute du chevet. Dans l'architecture militaire du Moyen Âge, un hourd est un ouvrage en bois, dressé en encorbellement au sommet d’un édifice, destiné à recevoir des défenseurs, surplombant par une avancée le pied de la maçonnerie. La présence de cet élément d’architecture militaire, faisant de la cathédrale de Moûtiers une cathédrale fortifiée, s’explique par le statut de l’archevêque qui était également comte de Tarentaise et prince du Saint Empire Romain Germanique.

Le chevet ne peut être considéré seul mais il faut le lire en extension et  en élévation. Il est entouré de deux tours (deux autres tours encadraient la façade occidentale). La tour sud n’a plus que quatre étages, n’ayant été totalement reconstruite au 19ème siècle. Quant à la tour nord, elle a été en grande partie reconstruite dans la seconde moitié du 19ème siècle, si bien que son aspect extérieur ne reflète plus la forme initiale.  On peut penser que les tours médiévales avaient  cinq ou six niveaux jusqu’à la charpente supportant  la flèche les surmontant.

Cathedrale romane

Les maîtres-maçons lombards

Les artisans et artistes qui ont permis le « premier âge roman » sont souvent désignés sous le nom de « maestri comacini ». Le vocable vient d’une petite île : « l’isola Comacina » qui est située sur le Lario, dans la branche du lac de Côme, dans la commune d’Ossuccio, en Italie.  Ces maestri comacini ont formé une corporation itinérante de constructeurs, de maçons, de sculpteurs et d'artistes, actifs dès le 7ème siècle. Ces artistes anonymes furent donc parmi les premiers maîtres du roman lombard et exportèrent leur art partout en Europe. Il est bien évident que sur le chantier des cathédrales il y avait aussi une importante main-d’œuvre qui était recrutée sur place ainsi que la présence d’autres corps de métiers, en particulier les artisans du bois qui édifiaient les échafaudages, fabriquaient les machines et réalisaient la charpente.

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Chantier

Le mortier traditionnel

Les murs de la cathédrale sont réalisés avec des pierres taillées que l’on va rendre solidaires les unes des autres grâce au mortier qui est un mélange de sable, de chaux et d’eau. On le place entre les pierres et il va durcir peu à peu. Alors, les pierres seront collées les unes aux autres. Le mélange doit toujours respecter la même proportion : deux tiers de sable que l’on appelle la charge et un tiers de chaux que l’on appelle le liant. Ce sont « les gâcheurs » qui sur le chantier préparent le mortier. L’enduit sert à recouvrir les pierres pour faire un beau mur bien lisse. C’est aussi un mélange de sable, de chaux et d’eau mais avec un sable très fin et de la chaux de la meilleure qualité. La chaux est fabriquée avec du calcaire que l’on place dans un four et que l’on fait ensuite réagir à l’eau. Lorsque la chaux sort du four, on l’appelle « la chaux vive ». Après sa réaction à l’eau, c’est « la chaux éteinte ». C’est elle qui est utilisée dans le mortier.

Antoine fait un cadeau à nos jeunes visiteurs en racontant sa découverte du chantier d'une cathédrale.

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Inauguration du lutrin le 03 juillet 2016