Géographies : physique et humaine

Qu'est-ce que la Tarentaise ?

Comme toute réalité appréhendée par un humain la Tarentaise est une construction qui peut être vue sous différents points de vue.

Il y a la Tarentaise du géographe dont la définition est relativement simple : le bassin supérieur de l'Isère jusqu'à son confluent avec l'Arly ainsi que les bassins affluents. Donc, du glacier des Sources de l'Isère au confluent situé sous Conflans, dernier bourg tarin, sachant qu'Albertville, traversée par l'Arly a donc une berge en Tarentaise et l'autre qui ne l'est pas. Les principaux bassins affluents sont celui "des dorons", bassin principalement formé par les vallées du Doron de Bozel et la vallée des Belleville. Plus en aval, il faut encore citer la vallée de l'Eau Rousse. 

Si l'on veut diviser cette Tarentaise géographique on peut proposer un découpage en 4 secteurs sachant qu'une telle opération est toujours sujette à de nombreuses discussions :

- la Basse Tarentaise : de Conflans au Pas de Briançon qui est un verrou glaciaire formant une frontière naturelle.

- la Moyenne Tarentaise : du Pas de Briançon à l'Étroit du Siaix, l'espace étant donc marqué par ces deux verrous naturels.

- la Haute Tarentaise : de l'Étroit du Siaix aux sources de l'Isère et au col du Petit-Saint-Bernard.

- la Tarentaise des Dorons, c'est-à-dire le Val Bozel et la vallée des Belleville jusqu'à Salins.

 

Mais avant d'être une réalité géographique, la Tarentaise a d'abord été une réalité religieuse. La Tarentaise vient de Darantasia, la cité des Alpes Graies qui, vers 420, est devenue une diocèse. Au fil des siècles, avec la naissance des paroisses rurales, cette cité est devenue un territoire diocésain dont l'extension maximale peut être matérialisée par les extrémités de deux diagonales : la paroisse de Cléry en Combe de Savoie sur la rive droite de l'Isère à la paroisse de Val d'Isère, et de la paroisse de Marthod aux portes du Val d'Arly à celle de Pralognan en Vanoise. Un point important : dans cette géographie ecclésiale, le diocèse (ou archidiocèse selon les époques) de Tarentaise semble, depuis le départ, avoir inclus le Beaufortain qui faisait partie de la province des Alpes Graies.

Il y a enfin une troisième manière d'appréhender la Tarentaise : on peut parler d'une Tarentaise administrative, née après la création d'Albertville (1836) qui a entraîné le découpage de la province de Tarentaise dont la partie basse a été rattachée à la province de Haute-Savoie et la partie haute, celle toujours dite de Tarentaise, mais avec une frontière entre Cevins et Feissons-sur-Isère en rive droite de l'Isère et entre Rognaix et Feissonnet en rive gauche. Ce découpage s'est perpétué : la province de Tarentaise "réduite" est devenue l'arrondissement français de Moûtiers, le Secteur III bis de l'Armée Secrète, le territoire de l'association des Maires de Tarentaise-Vanoise et enfin le Pays de Tarentaise-Vanoise.  

 

Au fil des pages de cette histoire nous aurons besoin de passer de l'une aux autres de ces définitions et il est bien évident que nous proposerons de multiples découpages.

Carte tarentaise